BIO

Viriyah Edgar Karet est né en 1985. Vit et travaille à Paris.

Contact : vkaret(at)hotmail.com

 

« Au départ, dans le vide, grandissaient des structures qui étendaient leur monde et leur ombre sur un paysage nimbé de doutes.
Aujourd’hui, Viriyah Edgar Karet explore les zones d’ombres de cet univers fait de failles et de vagues et dessine des personnages lovés dans ces architectures brutalistes, qui errent sur des passerelles et dans des couloirs de béton.
Ils exposent leur solitude et leur noirceur et nous questionnent sur notre place, ici, dans le réel qui est le nôtre. Il y a souvent une part d’Histoire dans le travail de Viriyah Edgar Karet.
Il trouble les frontières entre passé et futur et imagine son propre récit d’une civilisation post-apocalyptique où des soldats nous dévisagent et des fantômes errent dans l’espace le plus noir.
Ces derniers, des femmes sensuelles aux lèvres ourlées ou des crânes décharnés dont le casque est devenu tombe, semblent perdus dans le noir le plus profond. En plan serré, on contemple leur yeux clos, leurs yeux vides ou le reflet de leur masque –miroir noir-, et on tombe avec eux dans une lourde torpeur, comme si l’oxygène se faisait plus rare dans l’espace meurtri où il n’y a plus rien à contempler que le reflet de notre finitude.
Dans la série One last hug before the jump, des hommes et des femmes de dos contemplent leur monde au bord d’une fin dans un brouillard pénétrant ou des fumigènes toxiques après une bataille. Il y a aussi le feu, dans les dessins les plus récents, qui dévore l’entièreté du décor. Nulle lumière ou nulle parcelle de ciel, c’est le chaos qui ravage les architectures de béton qui se hissent vers l’infini. Tout brûle.
Cyberpunks mélancoliques et romantiques bardés de blousons à messages, à double-tranchant, les personnages se tiennent debout face à un monde qui se dérobe.
La vision contemplative de l’artiste de ce monde qui s’emplit d’un bruit de fureur, de feu dévorant, d’un douloureux constat de chaos, nous rappelle les erreurs humaines et les enjeux du monde que nous habitons. Ce feu attise notre mémoire et nous laisse à méditer sur notre rôle de spectateur ou d’acteur face à cette pluie acide et sans retour qui ronge et gangrène notre monde.
Dans ses premiers dessins, Viriyah Edgar Karet donnait à voir un monde vidé de ses habitants, mais ils sont là aujourd’hui, derrière ces murs de fumée, rideaux funestes qui s’ouvrent sur les possibilités de ces instantanés d’un univers vacillant, inspiré d’un monde alternatif, du cinéma science-fictionnel, de virées nocturnes et de musiques sombres qui se susurrent à nos oreilles. »

Anaïs Ysebaert, 2015

 

Viriyah Edgar Karet

Viriyah Edgar Karet